Présentation et particularité du ski de fond classique (matos et technique)

Quand on pense ski nordique, on visualise le plus souvent des biathlètes comme Johannes Thingnes Bø, le vainqueur au championnat du monde 2019. Mais, le plus souvent, qu’on soit enfant ou adulte, on débute par le ski de fond alternatif. Dans cet article, vous allez apprendre les particularités techniques du ski de fond classique au niveau de la glisse et du matériel. On continue ?

C’est quoi le style classique en ski de fond ?

De nombreux débutants se demandent quelle est la différence entre le ski de fond classique et le skating. Si vous avez déjà regardé une épreuve de biathlon, alors c’est la technique du skate qui est utilisée. En style libre, les athlètes optent pour cette méthode qu’on appelle “le patinage” car la progression est plus rapide. Le classique est son ancêtre, mais néanmoins toujours pratiqué dans les championnats et en loisir.

La technique du ski de fond classique

En ski de fond classique, la technique est la suivante : vous restez dans les rails et vous avancez grâce à une poussée de votre jambe gauche en même temps qu’une poussée de votre bras droit. Ensuite la jambe droite avec le bras gauche. Et ainsi de suite. Cette technique de propulsion est ce qu’on appelle le pas alternatif. Vous pouvez également faire une poussée simultanée des deux bras sans utiliser vos jambes, mais cela vous demandera beaucoup plus d’énergie. L’objectif est de garder le plus longtemps possible le patin du ski (la partie sous la fixation) au sol lors de la poussée pour conserver l’accroche. C’est surtout indispensable lors de la montée. Si cette façon de skier peut vous sembler un peu “has-been”, il faut savoir qu’il existe encore des épreuves de ski classique en championnat du monde. Accessible dès le plus jeune âge, donc, mais également au plus haut niveau : le ski alternatif offre ainsi une bonne marge de progression.

Un ski de fond classique ET skating, c’est possible ?

C’est un débat qui a eu lieu pendant la saison d’hiver 2014/2015. Pendant des épreuves officielles, alors que l’enneigement était faible et la neige collante, certains fondeurs ont décidé de prendre le départ du 15km classique de la Coupe du Monde de Davos avec un équipement de skating…et sans fart d’accroche. Ils le font. Pouvez-vous faire pareil ? La réponse est non, car la conception des skis de classique est totalement différente de ceux de skating. La différence entre les champions et vous est la condition physique, l’habitude…bref, l’entraînement haut-niveau. Si vous prenez un ski spécial skate et que vous vous engagez dans les rails des pistes en montée, alors vous risquez de descendre en marche arrière. Il existe cependant un nouvel équipement de ski mixte skating et classique chez Rossignol, les EVO. La ligne de cotes est plus marquée, la zone d’accroche est plus faible que pour des skis de classique traditionnel mais la gamme est destinée aux débutants. Vous pouvez également opter pour un système avec des peaux de phoque amovible, ou alors ajouter du fart d’accroche ; mais pas pour progresser. Donc, pour vraiment s’éclater en ski classique sur les pistes des domaines nordiques, il vaut mieux avoir le matos adapté. On vous explique tout ça.

Quelles sont les caractéristiques techniques des skis adaptés au style alternatif ?

L’accroche

La base de ce type de ski : l’accroche. Il existe 3 systèmes anti recul différents :

Le ski de fond classique à écaille : LE ski plébiscité par les débutants et les loueurs pour plusieurs raisons. D’abord, vous n’avez pas besoin de l’entretenir. Il n’a pas de carres en acier, et n’est donc pas soumis à la rouille. Ce ski de fond classique sans fartage présente des écailles sous la semelle qui permettent une bonne accroche sur tous types de neige tout en fournissant un minimum d’effort. Cependant, ce n’est pas le top si vous souhaitez progresser et prendre de la vitesse dans les descentes.
Le ski de fond classique peau de phoque : ce sont les modèles que vous trouverez chez les fabricants avec la mention “ski de fond classique skin”, “mohair skin”, “IntelliGrip®”, “Skintech” ou encore “R-Skin”. Ces peaux amovibles et interchangeables permettent de moduler la longueur de la zone d’accroche. Le système est silencieux et apprécié par les skieurs de niveau intermédiaire. Vous pouvez prendre plus de vitesse.
Le ski de fond classique à farter : ces derniers sont adaptés pour les fondeurs confirmés. L’expérience de glisse et la prise de vitesse sont incomparables. Le choix de la semelle est un élément essentiel, ainsi que l’application du fart en fonction du profil du skieur, de la course, de l’enneigement et de sa température. L’entretien des carres et de la semelle en fin de saison est indispensable.    

La structure

En termes de construction, il y a relativement peu de différences entre les modèles de ski skating et les modèles classiques skin et à farter. Les fabricants recherchent la légèreté, la solidité et la rigidité pour offrir une expérience et une performance de glisse toujours meilleure. On pense aux matériaux tels que le carbone ou la fibre de verre, au champ (revêtement sur le dessus du ski) résistant, et à la semelle hydrophobe avec des rainurages à la pierre de plus en plus précis. En ce qui concerne le ski de fond classique à écailles, il y a moins de technicité dans la conception.

La ligne de cotes

Pour ce critère, il y a de nombreuses différences entre les modèles skating et les classiques, mais aussi entre les fabricants ; et même en fonction des gammes. Quand le ski EVO de Rossignol a le design d’un ski alpin et une ligne de cotes “taille de guêpe”, les X-Ium de la même marque ont des largeurs presque équilibrées entre spatule, talon et patin.

Le rocker

Le rocker, ou cambre (ici, pour en savoir plus), est différent entre les skis classiques et les skis skating. Quand ces deuxièmes privilégient la glisse, l’accroche est recherchée en style classique. Ainsi, les skis sont plus “plats” de quelques millimètres et le rocker est moins prononcé. Atomic a même créé un modèle, les Redster Carbon CL avec une zone de poussée plate pour une meilleure impulsion. Pour en savoir plus sur les critères pour choisir vos skis de fond classiques, rendez-vous sur cette page.

Comment décrypter les fiches produits des principales marques de matériel de ski de fond classique ?

Vous vous demandez peut-être si toutes les marques se valent, s’il est préférable d’acheter des skis de fond Rossignol ou plutôt d’opter pour une marque Autrichienne. Il n’y a pas de réponse tout faite. Les 5 grands équipementiers sportifs Rossignol, Atomic, Salomon, Madshus ou Fisher équipent des biathlètes et d’autres fondeurs de haut-niveau. Ils proposent également des modèles loisir ou intermédiaires, des skis de fond femme, homme ou enfant. Voici ce qu’il faut analyser pour faire votre choix

La dureté d’un ski de classique

L’un des critères généralement évoqué par les fabricants est la rigidité du ski. Vous retrouvez cette mention avec les termes (du moins au plus “dur”) :

  • SOFT
  • MEDIUM
  • HARD ou STIFF

Le système de peau

Voici les principaux termes utilisés par les grandes marques de ski pour aborder la question de leurs peaux de mohair ou de phoque :

  • Mashus : IntelliGrip®
  • Rossignol : wax-less
  • Salomon : à insert
  • Fischer : twin skin
  • Atomic : Skin ou Pro Skintech

Généralement, la peau est amovible et interchangeable.

Les gammes

Chaque fabricant propose des gammes différentes, de l’utilisation de loisir à écailles aux modèles de skis de fond classiques utilisés par les grands champions.

  • Loisir
  • Progression
  • Progression + / Race
  • Compétition / Race / Expert

Les différents types de semelles

Choisir la semelle d’un ski de fond de classique se fait en fonction du type de neige. Généralement, on retrouve :

  • COLD : neige froide
  • PLUS : neige chaude (semelle blanche le plus souvent)
  • UNI : toutes neiges
Voici les 3 éléments importants à retenir à propos du ski de fond classique :

  1. Il existe 3 types de skis de classique : à écailles, à peau et à farter. L’accroche est la base de cette discipline de ski nordique.
  2. Votre choix doit s’effectuer en fonction de votre niveau mais également en fonction de la fréquence d’entretien.
  3. Ces skis sont de plus en plus performants et techniques.